Ebony Empress : le talent Soca made in Saint Martin

Dans cette interview, nous avons eu la joie de recevoir l’artiste Ebony Empress. Au fil de nos échanges, Ebony nous dévoile son univers. Retour sur cette artiste Soca de Sint-Maarten qui ne demande qu’à exploser.



BJ : Bonjour Ebony, pourrais-tu nous décrire la Soca en trois mots s’il te plaît

Ebony Empress : ÉNERGIE, AMUSEMENT, EXPLOSIF

La soca est naturellement une musique qui rassemble. Tu ne peux pas vraiment contrôler son effet.

BJ : Pourquoi ce choix ?

Ebony Empress : La soca est naturellement une musique qui rassemble. Tu ne peux pas vraiment contrôler son effet. Les vibes qu’elle provoque sont tellement fortes. Impossible d’empêcher les gens de se ressembler quand cette musique. Naturellement elle rapproche les gens quand elle est jouée. Et donne envie de passer de bons moments ensemble.


BJ : NAGICO SENIOR CALYPSO, Soca Rumble, Statia Power Soca, Interscholastic School Singing Competition à Saint-Martin, Best Wet Fete Song à Anguilla : peux-tu nous parler de ton parcours dans ces compétitions ?

Ebony Empress : Mon parcours dans les compétitions a débuté en 2016. J’ai eu la chance de commencer à faire de la musique à Sint Maarten et de là j’ai eu l’opportunité de représenter Sint Maarten dans d’autres pays avec ma musique.

Effectivement j’ai participé à Best Wet Song à Anguilla d’ailleurs je n’ai pas vraiment pu faire de performance mais j’en suis ressortie avec une bonne expérience. Pour ce qui est de la compétition Power Soca, j'ai remporté le premier prix. Et c’était d’autant plus un véritable honneur pour moi car j’étais la première artiste féminine à la remporter.

En 2018 j’ai aussi participé à une compétition de Calypso. Une expérience qui a été très enrichissante pour moi et une occasion de montrer mes multiples talents quand il s’agit de musique.



BJ : Pour toi, quel/quelle artiste incarne le mieux la Soca et s’apparente à une légende ?

Ebony Empress : Je dirais Nadia Batson et Kerwin Dubois. Ils sont des modèles pour moi. J’ai eu l’occasion de travailler avec Kerwin. Cela a été un vrai plaisir pour moi. Le voir travailler avec mon équipe, échanger des idées, écrire ensemble. C’est la magie de la musique qui permet ce genre de choses : se réunir et collaborer ensemble.


BJ : Nous avons fait nos petites recherches et on sait que tu viens de Saint-Martin. Comment est la scène musicale Soca là-bas ?

Ebony Empress : La Soca à Sint Maarten est très populaire. La Soca joue un rôle important ici à Saint Martin. La Groovy Soca, la Power Soca et même l’Afro Soca aussi sont très appréciées.


BJ : Tu es une artiste qui pose sur différents types de musiques comme le Dancehall, le Bouyon ou encore le Zouk. Qu’est-ce qui t’as donné envie d'explorer aussi la Soca ?

Ebony Empress : Je vais être honnête avec vous, j’adore faire du Groovy style Soca. Parce que j’aime utiliser les influences musicales de la Dominique, celles du Bouyon. Avec la Groovy style j’aime beaucoup utiliser ca parce que cela me permet d’utiliser parfaitement toutes mes compétences vocales et de m’exprimer.

Il y a des gens qui me demandent parfois pourquoi je pose sur du up-tempo car ils me disent qu’ils trouvent ma voix géniale sur de la Groovy Soca. C’est avec ce style musical que je peux montrer ma versatilité.



[...] j’essaye de faire aussi un peu d’Afrobeat car ces sonorités ont un rôle important dans la construction de nos cultures caribéennes.

BJ : A propos de genres musicaux, peux-tu nous en dire plus sur ta versatilité et comment tu l’utilises dans ta musique ?

Ebony Empress : Je fais de la Soca, je fais du Bouyon, je fais du Calypso, je fais du Dancehall. Et maintenant j’essaye de faire aussi un peu d’Afrobeat car ces sonorités ont un rôle important dans la construction de nos cultures caribéennes. En plus de poursuivre ce qu’on fait nos ancêtres. C’est vrai que je suis assez versatile, oui, je n’aime pas forcément rester dans le même genre de musique. Et j’apprécie d’autant plus de pouvoir naviguer entre différents genres car je suis une passionnée de musique. C’est aussi un moyen pour moi de montrer et transmettre à mon public cet amour que j’ai pour la musique.


BJ : Tu es habituée à écrire chacune de tes chansons, mais pour le son “Woulé” tu as interprété un texte écrit par quelqu’un d’autre. Comment cela s’est-il passé ?

Ebony Empress : Pour ce morceau je l’ai en fait coécrit. Après avoir échangé sur nos visions pour cette chanson on est tombé d’accord sur une parfaite combinaison. Malgré le fait que cela fait deux ans que nous ne pouvons pas faire de carnaval, cela nous tenait à cœur de sortir ce son pendant la période de carnaval en plein COVID. On a eu de supers retours sur ce morceau. Cette expérience a été vraiment super.



BJ : Au-delà du body positive, le morceau "Blocké" sonne plus que "booty activism" : es-tu d'accord avec cela ?

Ebony Empress : Je suis totalement d’accord ! (rires) Cette chanson est tirée d’une histoire vraie. Il y a trois de cela il y avait une controverse à Saint Maarten côté francophone. Il s’agissait d’un problème avec le responsable de la partie francophone qui a bloqué les frontières et les routes. Personne ne pouvait passer. Et quand j’ai tenté d’y aller je me suis dit « Oh my God, bloquer la route ». Personne je dis bien personne ne pouvait passer. Du coup cela m’a donné l’inspiration pour écrire cette chanson. « débloquez le passage pour les femmes au bompa rebondi » « woulé bompa bloké la rout’ ». C’était un délire mais je me suis dit aussi que les femmes pouvaient reprendre cette chanson pendant le carnaval sur la road pour la bloquer (rires). Malheureusement comme nous n’avons pas eu de carnaval je n’ai pas vraiment eu l’opportunité d’exprimer et de faire vivre cette vibe pour montrer le concept de la chanson.


[...] j’adore mettre du créole dans mes chansons Soca car cela me ramène aux souvenirs passés avec mes grands-parents.

BJ : C’est un plaisir de t’entendre mélanger le créole et l’anglais (“kranglish” )dans tes chansons. C’est une chose qui se fait pas mal dans les sons Bouyon mais quasi pas en Soca. Peux-tu nous dire ce que le “Kranglish” apporte en plus à la Soca ?

Ebony Empress : Cela amène des sonorités propres à ma culture. Je suis née en Dominique où j’ai grandi avec mes grands-parents qui parlent le créole. Pour moi le créole n’était pas quelque chose d’évident. Je me suis forcée à l’apprendre. Car mes grands-parents ou arrières grands-parents parlaient le créole quand ils ne voulaient pas qu’on les comprennent. Du coup j’adore mettre du créole dans mes chansons Soca car cela me ramène aux souvenirs passés avec mes grands-parents. Cela me permet aussi de me rappeler d’où je viens dans ma musique même si je fais de la Soca. Pour moi toute la Caraïbe est un même peuple. Je suis juste moi-même sur un beat de Soca. C’est la meilleure chose qui soit que d’être soi même.


BJ : On a le plaisir de te retrouver sur plusieurs riddims, prévois-tu de sortir un EP ou album prochainement ?

Ebony Empress : Je travaille sur énormément de choses. Je prévois effectivement de sortir un EP mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Cette année je n’ai pas pu vraiment sortir de projets car je suis littéralement débordée par de nombreux projets musicaux. Mais j’arrive en puissance. Soyez patients pour ce qui de voir ce que je vais sortir.


BJ : Enfin, mis à part cela, as-tu d’autres projets à venir ? Et nous dire où peut-on retrouver ton actu et tes sons s’il te plaît ?

Ebony Empress : Vous pouvez me retrouver sur Spotify, Soundcloud, … et toutes les plateformes de streaming. Également sur You Tube. Et sur ma fan page Facebook.


BJ : Un dernier mot pour la communauté francophone fan de Soca ?

Ebony Empress : Oui, oui oui (rires). Bonsoir, bonsoir tout le monde ou ja konnèt. Big up all yourself. Look up for new release of Ebony Empress. Merci !


■ Crédits photo/vidéos : Getty Images, Ebony Empress (You Tube)

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